Le temps des secrets — Marcel Pagnol

J’ai pris autant de plaisir à relire Le Temps des secrets que j’en avais pris à ma première lecture. La Provence et son vocabulaire, la naïveté de Marcel et surtout la fabuleuse écriture de l’auteur. Sans oublier cette pointe d’humour qui imprègne tout le texte.

En arrière-plan une bartavelle, au premier plan, la couverture du livre de Marcel Pagnol, Le temps des secrets
Une bartavelle, oiseau chassé par le père et l’oncle de Marcel

Service Presse

L’intrigue

C’est de nouveau les vacances, Marcel et sa famille les passent à La Treille. Ils sont bientôt rejoints par l’oncle Jules et la tante Rose. Il va pouvoir retrouver son ami Lili et partir à la chasse aux bartavelles avec son père et son oncle.
Pas tout à fait. Lili a maintenant l’âge d’aider son père aux travaux des champs et Marcel l’accompagne jusqu’au jour où il sauve une demoiselle en détresse. La ravissante enfant ne va pas tarder à le faire tourner en bourrique.
Après de premières amours — contrariées, comme il se doit — et une aventure avec un gigantesque serpent, il est temps de rentrer à Marseille où Marcel fait sa rentrée au lycée.

Amours enfantines, aventures de vacances, rentrée scolaire, rien d’extraordinaire, et pourtant la relecture du Temps des secrets m’a touchée, comme à chaque fois.

Est-ce à cause des collines qui entourent Marseille ?

Oui, lire Marcel Pagnol, c’est partir en vacances dans le midi de la France :

« Le puissant soleil de juillet faisait grésiller les cigales : sur le bord du chemin muletier, des toiles d’araignée brillaient entre les genêts. En montant lentement vers le jas de Baptiste, je posais les sandales dans mes pas de l’année dernière, et le paysage me reconnaissait. »

Vous y êtes, non ?

Est-ce à cause des personnages, hauts en couleur ?

Le père de Marcel, Joseph, est l’homme sage de la famille. Il rêve d’un avenir brillant pour son fils, professeur, ce serait bien.
La douce Augustine, la maman, prépare les repas, les tartines ou les pique-niques.
Paul, le petit frère, joue aux Comanches, il est dépité de voir que Marcel a d’autres intérêts.
La famille est un peu bousculée par l’oncle Jules, catholique pratiquant qui s’oppose au républicain anticlérical Joseph, Augustine et Rose se débrouillant comme elles peuvent pour éviter que les choses dérapent.

Est-ce à cause du style ?

Le plaisir doit beaucoup au style, le lecteur se retrouve dans les chaussures d’un enfant et pourtant l’écriture n’a rien d’enfantin. Mais elle est vive, précise et porte à sourire.

« Le volume du cousin Pierre était devenu considérable ; la famille en fut aussi heureuse que si nous avions dû le manger. La tante Rose elle-même avait un peu forci ; ses nouvelles joues lui allaient très bien, et ça faisait de la place pour l’embrasser. »

Mais le lecteur comprend plus de choses que Marcel, qui parfois s’interroge ou fait semblant de savoir.

Est-ce à cause de l’humour ?

L’humour est bien présent, la chute de l’histoire du serpent géant est savoureuse. Et oncle Jules est pince-sans-rire.

« — C’est sûrement ça, dit l’oncle Jules, et c’est bien dommage. Parce qu’un “livigroub”, ça m’intriguait, c’était poétique. Tandis qu’un living-room, ça prouve que cette dabe doit avoir un rhube de cerveau, et que ces gens sont un peu snobs. »

Mon avis en résumé

Ce que vous aimerez :

  • Le style délicieux
  • La Provence au début du siècle dernier
  • L’humour

Ma note

Une note globale pour cette lecture enchantée : 5/5

Info-livre : Le temps des secrets par Marcel Pagnol

Couverture du livre de Marcel Pagnol, Le temps des secrets

Editeur : Grasset / Fortunio
ISBN : 978-2-246-83134-1
Pages : 264
Date de parution : 16/03/2022
(Initialement paru en 1960)

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Catherine Perrin
Catherine Perrin

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