Les Souvenirs et les Mensonges aussi — Karine Lebert

Un livre captivant que j’ai lu en quelques heures malgré le nombre de pages et un début laborieux. L’histoire d’une famille allemande antinazie, arrivée en 1937 à Honfleur, est un thème qu’on ne rencontre pas souvent. Les souvenirs et les mensonges aussi est un roman prenant qu’on ne peut pas lâcher avant le dénouement.

En arrière-plan, la façade d'une maison normande, au premier plan, la couverture du livre de Karine Lebert, Les Souvenirs et les Mensonges aussi
Tout commence à Honfleur

Service Presse

Intrigue

La saga familiale tourne autour de trois femmes, Pauline pour la période qui s’étend de 1937 à 1944, Hilda pour la période 1945 – 1948 et enfin Valentine pour les années 2014 et 2015.
L’intrigue commence calmement, un peu trop, la lecture des 600 pages promet d’être laborieuse. Heureusement que je n’en suis pas restée à la première partie. La tension monte dans la deuxième partie qui se termine sur un suspense : pas d’autres choix que de continuer. Bien évidemment, l’auteur abandonne le lecteur en plan jusqu’au dénouement.
J’ai fait de savants calculs pour trouver à quelle génération appartenait Valentine, était-elle la petite fille ou bien l’arrière-petite-fille de Pauline ou d’Hilda ? J’ai vu venir la suite et… je me suis trompée sur toute la ligne.

La fin est émouvante et il me sera difficile d’oublier ces femmes.

L’univers narratif

À Honfleur avant la guerre.
À Marseille pendant la guerre.
En Allemagne quand le pays est occupé par les alliés et en Russie sous le régime soviétique.
Le lecteur visitera aussi Cabourg avec Valentine.

Les personnages

#Pauline
En 1937, Pauline a dix-huit ans. Elle rencontre la famille Schultz qui a fui le nazisme. Ils essaient de convaincre les Français qu’il faut prendre Hitler au sérieux. Sans succès. 
Pauline tombe amoureuse de Joachim Schultz et c’est réciproque, ils se marient. Quand les Allemands envahissent la France, la bienveillance dont le couple mixte bénéficiait disparaît peu à peu.

Dans la première partie, le personnage de Pauline est fade, le dénouement la révèlera et expliquera sa passivité.

#Hilda
Venue avec sa famille à Honfleur en 1937, Hilda Schultz s’enfuit de France pour rejoindre son fiancé en Allemagne. Elle revoit Otto avant qu’il ne soit tué au front.
En 1945, les Français entrent à Baden-Baden où Hilda se terre pour échapper aux exactions. Sans argent, elle accepte de donner des cours de français à de jeunes Allemandes, bien qu’elle n’ait aucune illusion sur ce que Lotte et les autres feront de ce savoir. Hilda doit manger.
Un jour où elle manque de s’évanouir à cause de la malnutrition, une Française, Maryse se porte à son secours.

Hilda est une femme forte qui toute sa vie d’adulte devra braver le danger.

#Valentine

Soixante-six ans après la fin de la deuxième partie, Valentine se prépare à partir sur un bateau où elle va donner des concerts. Qui est-elle ? Je vous laisse le découvrir (la réponse est inattendue).

L’écriture

Avec son écriture efficace, Karine Lebert maîtrise la montée de la tension et j’ai fini par ne plus lâcher Les souvenirs et les mensonges aussi.

Incipit :

« Ils auraient sans doute aimé s’installer à Honfleur en toute discrétion, mais le maire tient à leur faire bon accueil. Les sentiments sont toutefois partagés. Si tout le monde est curieux de les voir, il y a ceux qui se montrent humains et les autres. »

Citation :

« Il y a quelque chose d’étrange et de désespérant à se sentir étrangère dans son propre pays. Quand les armées françaises ont pénétré dans Baden-Baden, j’ai éprouvé du soulagement et de la joie. Pour que cette dernière soit complète, il aurait fallu que je sois sûre d’une chose : que les Français se conduiraient avec dignité. Pour l’instant, mes sentiments restent ambivalents. »

Mon avis en résumé

Ce que vous aimerez :

  • L’histoire d’une famille allemande antinazie
  • Le souffle qui court tout au long de la saga
  • Le personnage d’Hilda
  • Le rythme qui alterne calme et tension

Ce que vous regretterez (ou pas) :

  • La première partie semble longue

Mes notes

Univers narratif5,0/5
Personnages3,7/5
Intrigue5,0/5
Écriture4,0/5
Moyenne4,4/5

Autres livres sur l’Allemagne de la Deuxième Guerre mondiale

La mort est mon métier
Robert Merle

En arrière plan, Ne pas oublier, au premier plan, couverture du livre de Robert Merle, La mort est mon métier
L’histoire d’un homme dénué de toute empathie, de toute humanité.

Erika Sattler
Hervé Bel

A l'arrière-plan, un avion de combat et au premier plan la couverture du livre de Hervé Bel, Erika Sattler
L’histoire vue par une allemande nazie

Info-livre : Les souvenirs et les mensonges aussi par Karine Lebert

Couverture du livre de Karine Lebert, Les Souvenirs et les Mensonges aussi

Editeur : Presses de la Cité
ISBN : 978-2-258-19627-8
Pages : 603
Date de parution : 10/03/2022

Partagez cet article
Image par défaut
Catherine Perrin

J'adore discuter de mes lectures. N'hésitez pas à me laisser des commentaires ou à me rejoindre sur les réseaux sociaux.

Publications: 323

2 commentaires

  1. Bonjour, effectivement, nous sommes d’accord sur cette lecture. L’histoire réelle de ce roman tarde un peu trop à se mettre en place. C’est dommage car le contexte historique est vraiment très intéressant, mais pour le coup, ce sont les événements de l’après-guerre que j’ai préférés.

    • Oui, l’histoire ne démarre qu’à partir de celle d’Hilda, une femme forte, alors que Pauline est un peu fade. Mais après, j’ai voulu savoir !

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.