Maternités — Sigrid Undset

Sigrid Undset, prix Nobel de littérature 1928, est un auteur bien oublié aujourd’hui, au point que peu de titres sont disponibles en librairie. En janvier 2022, l’éditeur Cambourakis republiera Jenny. Maternités est introuvable, sauf en livre d’occasion ou sur Gallica.

A l'arrière plan, un paysage norvégien, au premier plan, couverture du livre de Sigrid Unset, Maternités
Source couverture du livre : Gallica

Vous vous demandez pourquoi je suis allée chercher cette œuvre oubliée ? C’est grâce au Challenge Solidaire de Babelio, trente auteurs dont il faut chroniquer un ouvrage. Je m’étais fixé un modeste objectif de 5 ou 6 livres et me voilà en train d’essayer de le terminer. Je suis vraiment heureuse de relire des chefs-d’œuvre ou de découvrir des écrivains inconnus.

Maternités est un recueil de 4 nouvelles où les femmes, toutes pauvres, ont des vies peu enviables. J’ai été surprise, par la suite, d’apprendre que l’auteur pensait que la place de la femme était au foyer, ses histoires ayant tendance à démontrer l’inverse.

Maternités

Il est un peu difficile de plonger dans l’univers du livre. Une femme propose de prendre soin d’un bébé moyennant une somme d’argent versée en une fois.
Hélène, la mère adoptive, s’attache à l’enfant, mais un jour, la mère biologique, Fanny, demande à voir le petit garçon. Une lecture qui serait émouvante si l’écriture n’était pas si froide.

Incipit :

« Enfant sexe masculin, âgé de six semaines, normalement constitué, sera confié à ménage sans enfants un peu fortuné qui voudra le prendre comme sien propre contre paiement une fois pour toutes. Réponse à “Consciencieux”. »

L’âge heureux

L’auteur écrit comme si le lecteur connaissait déjà les nombreux personnages. On ne sait pas qui ils sont ni quelles sont leurs relations. Il faut se débrouiller avec ça jusqu’à ce qu’ils nous deviennent plus familiers.
Uni rêve d’être actrice. Après plusieurs emplois qu’elle n’a guère appréciés, son rêve se réalise enfin. Mais est-ce compatible avec la vie de famille ? Pas certaine que ma perception de la fin de la nouvelle est la même que l’auteur.

Incipit :

« Madame Iversen longeait la grille du jardin, en relevant le bas de sa robe, car l’herbe était encore mouillée. »

La bergère de porcelaine

Une petite histoire toute triste, mais encore une fois, l’émotion n’a pas été au rendez-vous, toujours ce style distant, ainsi que les digressions de l’auteur. Je me suis souvent demandé où elle voulait en venir.

Incipit :

« C’était pendant mon premier séjour à Paris. Il y avait fête dans le quartier que j’habitais. J’ignore ce qu’on fêtait ; c’était quinze jours avant la Fête Nationale ; il se peut du reste, qu’il y eût fête dans toute la ville, ou au moins dans tout l’arrondissement. »

Simonsen

Simonsen a été licencié. Il est un peu ennuyé à l’idée de l’annoncer à Olga, sa compagne. Mais au pire, son fils Sigurd viendra une fois de plus à son aide. Il cherche mollement du travail, s’occupe de sa petite fille, Svanhild. Pendant ce temps, Olga travaille dur. Sigurd aide enfin de Simonsen, mais à quel prix !
Cette histoire m’a touchée, même si les personnages sont médiocres et l’histoire plus noire que triste.

Incipit :

« Simonsen s’arrêta sous la porte cochère, exhuma son vieux portefeuille graisseux et il allait y glisser le certificat qu’il tenait à la main. Mais auparavant il déplia le papier sale et le lut de bout en bout, bien qu’il le sût par cœur :
Anton Simonsen a été employé comme garçon de magasin pendant trois ans.
Durant ce temps, il s’est montré sobre, travailleur et plein de bonne volonté.
Pour la fabrique de machines Herkules
N. Nielsen
Ah ! fichtre non, ce certificat ne lui servirait pas à grand-chose. »

Pour aller plus loin

Sigrid Undset a surtout été connu pour des romans se déroulant à l’époque médiévale : Kristin Lavrandsdatter (parution 1920-1922) Olav Audunsson (1924-1927) ou encore Vigdis la farouche (1909). Maternités est paru en 1912, avant que l’auteur se convertisse au catholicisme.

Mes notes

Univers narratif3,0/5
Personnages4,0/5
Intrigues3,0/5
Style3,0/5
Moyenne3,3/5

Autres histoires de maternités

Magnus
Sylvie Germain

En arrière plan, un ours en peluche, au premier plan, la couverture du livre de Sylvie Germain, Magnus
Magnus

Fille
Camille Laurens

A l'arrière plan, le symbole pour le féminin, au premier plan, la couverture du livre de Camille Laurens, Fille
Incipit du livre : « C’est une fille » – Camille Laurens

Info-livre : Maternités par Sigrid Undset

Couverture du livre de Sigrid Undset, Maternités

Maternités est paru en 1951 chez Stock.
Il est consultable gratuitement sur Gallica.

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Catherine Perrin

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