Paris et une fête — Ernest Hemingway

Paris est une fête évoque un temps révolu, celui des Américains venus vivre à Paris parce que tout est moins cher. Hemingway peint une atmosphère particulière, le bonheur, la légèreté teintée d’inconscience avec le recul de celui qui connaît la suite de l’histoire. Un livre marquant.

Paris en arrière-plan, couverture du livre d'Ernest Hemingway, Paris est une fête
« Et puis, il y avait la mauvaise saison. »
Photo d’arrière-plan : Anthony DELANOIX sur Unsplash

Que se passe-t-il ?

Au début des années 1920, Ernest et Hadley sont à Paris, la vie y est moins chère qu’en Amérique et ils (surtout Ernest) rencontrent des artistes reconnus, ou non. Les deux jeunes gens vivent heureux (de vin et d’amour ?) pendant qu’Ernest consacre ses journées à écrire. Il écrit dans des cafés (il déteste qu’on vienne le déranger) ou dans une chambre louée, puis une fois son travail achevé, il rejoint Hadley dans leur modeste appartement. Ils voyagent parfois, dans les Alpes ou en Espagne.

Une atmosphère de légèreté règne dans Paris est une fête, mais des sauts en avant ramènent auteur et lecteur à la réalité.

Ernest et Hadley

C’était le bonheur, écrit l’auteur, mais en informant le lecteur que leur amour, qui transcende pourtant les pages, ne sera pas immortel. Un des chapitres, ajoutés à l’édition Folio, raconte la fin de leur mariage, avec pudeur et amertume.
Leur histoire m’a touchée.

Ernest, Hadley et Gertrude

Ernest et Hadley fréquentent pendant plusieurs années le salon de Gertrude Stein. La compagne de Gertrude Stein, Alice est chargée de parler aux « épouses », Hadley restera donc loin des discussions des artistes. Vous avez dit féminisme ?

Gertrude Stein qualifiera Hemingway et Fitzgerald de « génération perdue ». Hemingway rapporte dans Paris est une fête que c’est une idée qu’elle a empruntée à son garagiste, elle l’avait entendu dire à son employé : « vous êtes tous une génération perdue ».
Et puis leur amitié prit fin, encore une fin.

Ernest et Ezra

Hemingway décrit le poète comme l’homme le plus généreux du monde, toujours prêt à aider ses amis. Pour une fois, le futur du poète, son engagement fasciste et les années qu’il passa en hôpital psychiatrique ne sont pas évoqués. Ezra reste un personnage bienveillant qui survole les souvenirs d’Hemingway.

Ernest et Scott

Scott qui a déjà écrit Gatsby le Magnifique, subit la jalousie de Zelda envers son œuvre. Il boit, promet d’arrêter, se remet à boire et n’arrive plus à écrire.

Les deux écrivains font un improbable voyage entre Lyon et Paris pour rapporter la voiture de Scott. Conduite en état d’ivresse, c’est ce que nous dirions aujourd’hui, mais c’était une autre époque et Ernest le rappelle maintes fois.

L’écriture

Incipit :

« Et puis, il y avait la mauvaise saison. Elle pouvait faire son apparition du jour au lendemain, à la fin de l’automne. Il fallait alors fermer les fenêtres, la nuit, pour empêcher la pluie d’entrer, et le vent froid arrachait les feuilles des arbres, sur la place de la Contrescarpe. »

Citation :

« Il était impossible d’en vouloir à Scott plus qu’à n’importe quel fou, mais je commençais à m’en vouloir à moi-même pour m’être laissé entraîner dans cette aventure stupide. Il avait pourtant quelque raison d’avoir peur et je le savais bien. En ce temps-là, la plupart des alcooliques mouraient de pneumonie, maladie qui a presque disparu aujourd’hui. Mais il était difficile de le tenir pour un alcoolique tant il tenait mal l’alcool. »

Mon avis en résumé

Ce que vous aimerez :

  • Un livre marquant sur une époque disparue
  • Ernest et Hadley
  • Ernest et l’écriture

Ma note

Note globale : 5,0/5

Info-livre : Paris et une fête par Ernest Hemingway

Couverture du livre d'Ernest Hemingway, Paris est une fête

Editeur : Folio
ISBN : 978-2-07-043744-3
Pages : 350
Date de parution : 06/09/2012

Les Américains et la France

Débarquer
Hugo Boris

A l'arrière-plan, le cimetière américain à Colleville-sur-mer, au premier plan, la couverture du livre d'Hugo Boris, Débarquer
Le matin du 6 juin 1944, Andrew Calkins se trouve à bord du navire porteur USS Charles Carroll.

La femme révélée
Gaëlle Nohant

Eilza a fui Chicago…
Partagez cet article
Catherine Perrin
Catherine Perrin

J'adore discuter de mes lectures. N'hésitez pas à me laisser des commentaires ou à me rejoindre sur les réseaux sociaux.

Publications: 393

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.