Pleine et douce — Camille Froidevaux-Metterie

Pleine et douce n’est pas qu’un roman, il est un moyen de parler de choses dont on parle peu, bref, tout sauf un moment de détente. Il y a de très bonnes choses, de moins bonnes, d’autres discutables, mais qui ne doivent en rien empêcher de le lire pour le thème très fort du livre.

En arrière-plan, un bébé fille et au premier plan, le livre de Camille Froidevaux-Metterie, Pleine et douce
Éve est un bébé adoré de sa maman.

Que se passe-t-il ?

Éve est un bébé adoré de sa maman. Stéphanie avait tellement envie de ce bébé qu’elle l’a fait sans papa, mais que cela ne tienne, Éve aura un papa intime. Et une fête aussi, le dimanche suivant. Autour de la maman et du bébé gravitent sœurs, amies, mère et chacune prend la parole.

Chaque narratrice, jeune ou vieille, à ce moment de sa vie de femme, raconte la relation avec son corps. J’ai beaucoup aimé ces descriptions très intimes, rares en littérature. Cet aspect du livre prend le pas sur à peu près tout. J’ai moins apprécié, la quasi-absence d’hommes même si ce n’est pas le sujet du roman qui parle plutôt de sororité. J’ai surtout détesté la fin que je ne vous dévoilerai pas, mais qui dénote un criant manque d’empathie des personnages.

Où et quand ?

De nos jours bien sûr, avec les mentalités qui sont celles de femmes d’aujourd’hui, de tous les âges.

Qui sont les personnages ?

Douze personnages féminins, douze narratrices, un roman choral donc. Compte tenu du thème du livre, il n’y avait pas vraiment besoin d’en faire plus. Quoique ! Peut-on réduire une femme aux relations avec son corps et un peu avec ses sœurs ? Est-ce que chaque femme n’est pas plus que ça ?
J’ai beaucoup aimé Colette et sa vieillesse aussi active que sereine.
D’un point de vue narratif, il est facile de se perdre dans les personnages et leur place dans l’histoire.

Comment est-ce écrit ?

Incipit :

« IL DOIT ÊTRE TÔT, “pourquoi si tôt ?”, me demande-t-elle parfois de sa voix endormie. Alors j’attends un peu, je reste là, tranquille, à regarder la nuée d’oiseaux immobiles qui flottent au-dessus de moi. J’aime particulièrement le rouge. D’ordinaire, quand le groupe reprend son envol circulaire et que ce beau rouge passe à l’aplomb de mon visage, j’agite frénétiquement les bras pour essayer de l’attraper. »

Citation :

« Et puis Stéphanie s’en moque bien maintenant, du temps et de ses ravages, plus rien ne compte que les grands yeux de sa fille, plus rien n’existe que cette douceur par effraction. Moi je n’ai pas de lac aimant où plonger, personne pour confirmer que je demeure aimable par-delà le passage des ans, aucune caresse quotidienne venant effacer les fameux outrages. Moi, il me faut affronter seule l’entrée dans la zone d’inconfort qui précède la zone de relégation. »

Pour aller plus loin

Camille Froidevaux-Metterie a eu envie d’écrire un roman alors qu’elle s’attelait à son essai : Un corps à soi (2021, paru en édition poche chez Points en 2023). Finalement, elle les a écrits l’un après l’autre. Je suis curieuse de lire cet essai et je pense que je vais le faire.

Pour ce livre, Camille Froidevaux-Metterie a reçu plusieurs prix, dont le prix du premier roman du Chambon-sur-Lignon.

Mon avis en résumé

Une autre façon d’être une victorieuse.

Ce que j’ai aimé :

  • L’histoire de chaque femme
  • Le parti pris des relations des femmes et de leur corps.

Ce que j’ai regretté (mais peut-être pas vous) :

  • Un thème qui aurait mérité d’être élargi.
  • La fin

Mes notes

Univers narratif3,0/5
Personnages3,0/5
Intrigue4,0/5
Écriture4,0/5
Thème5,0/5
Moyenne3,8/5
Plus de détails sur le système de notation

Pleine et douce par Camille Froidevaux-Metterie

Couverture du livre de Pleine et douce — Camille Froidevaux-Metterie, Pleine et douce

Editeur : Sabine Wespieser Editeur
ISBN : 978-2-84805-467-4
Pages : 280
Date de parution : 05/01/2023

Féminisme

Le chœur des femmes
Martin Winckler

En arrière-plan, une femme médecin, au premier plan, la couverture du livre de Martin Winckler, Le chœur des femmes
Les femmes et leur corps

Calmez-vous, madame, ça va bien se passer — Marie-Cécile Naves

En arrière-plan, une petite fille, un camion de pompier et une poupée, au premier plan, la couverture du livre de Marie-Cécile Naves, Calmez-vous, madame, ça va bien se passer.
« Une telle interpellation vise non pas à écouter, mais à réduire les femmes à leurs émotions supposées incontrôlables et irrationnelles. »
Catherine Perrin (cath_lit_et_chronique)
Catherine Perrin (cath_lit_et_chronique)

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Rédactrice NetGalley

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