À l’est d’Eden — John Steinbeck

À l’est d’Eden est un livre brûlant, captivant qui évoque les conflits fraternels, l’individualisme, les préjugés et l’autodestruction dans une Amérique des temps écoulés. Mais j’y ai trouvé matière à réflexion, même dans la France d’aujourd’hui.

En arrière-plan, une image de Californie et au premier plan, la couverture du livre de John Steinbeck, À l’est d’Eden
Le roman se déroule principalement à Salinas (Californie)

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Que se passe-t-il ?

Samuel et Liza Hamilton, venus d’Irlande, n’ont pu obtenir que des terres pauvres. Malgré leur travail acharné, ils peinent à nourrir leurs neuf enfants.

Dans le Connecticut, Cyrus Trask parle très bien de sa guerre, même s’il l’a à peine faite ; tellement bien qu’il devient une référence auquel on se fie. Ses deux fils, Adam et Charles s’aiment et se détestent à la fois, une haine meurtrière du côté de Charles. Tous les deux feraient n’importe quoi pour gagner l’amour de leur père.

Après avoir épousé Cathy, Adam quitte la ferme et achète des terres à Salinas. C’est là qu’il croise Samuel Hamilton.

Adam a deux fils, des jumeaux qui ont des relations difficiles. Aron est aimé immédiatement par ceux qui le rencontrent, Caleb est plus sombre, moins aimable.

À l’est d’Eden est un livre dense, il réunit deux sagas familiales (Trask et Hamilton) et deux fois l’histoire de frères. Son titre n’est pas un hasard puisqu’il vient d’un verset biblique : 

« Caïn se retira loin de devant Jéhovah, et séjourna dans le pays de Nôd, à l’est d’Eden. »

Les thèmes sont nombreux : revisite de l’histoire de Caïn et Abel, autodestruction, individualisme et préjugés.

Les histoires familiales sont captivantes même si elles laissent peu de place à la joie de vivre ou à l’espoir. J’ai aussi aimé les digressions du narrateur qui donnent un sens à l’œuvre. Il décrit aussi les difficultés des colons, peu importe leur origine, pour se faire accepter de leur nouveau pays.

Où et quand

Le roman se déroule principalement à Salinas, de la fin du XIXe siècle jusqu’à la Première Guerre mondiale.

Les personnages

Le narrateur
Son nom est John Steinbeck, il est le petit-fils de Samuel Hamilton. L’auteur se serait inspiré de sa famille maternelle. Il apparaît à deux reprises dans le roman dans des scènes mineures.

Adam Trask
Adam est un homme bon, mais dont la personnalité a sans doute été écrasée par son père. S’il sait ce qu’il n’a pas envie de faire, il n’a aucune idée de ce qu’il aimerait. Et les rares fois où il sort de cet état, comment dire ? Ce n’est pas franchement une réussite.

Samuel Hamilton
Samuel est un excentrique qui ruine sa famille en ne cessant de déposer des brevets. C’est aussi un homme sage, peut-être plus pour les autres que pour lui-même.

Cathy Ames
Elle est le mal personnifié, le narrateur la décrit d’abord ainsi puis revient plus tard sur ses propos. Cathy est énigmatique (peu crédible, diront certains) parce qu’elle n’a pas d’objectif et j’ai mis longtemps à comprendre qu’elle était autodestructrice. Elle est donc difficile à appréhender.

Lee, le serviteur d’Adam
Bien que né aux États-Unis, Lee se présente comme Chinois et s’exprime même en pidgin au début du livre. Il explique que quoi qu’il fasse, il ne passera jamais pour un Américain, il donne alors aux gens ce qu’ils attendent d’un Chinois, vêtements et natte compris. Lee est un sage et le personnage le plus attachant du roman. Il apporte de la sérénité dans cette histoire sombre et brûlante. Lee personnifie les préjugés.

Comment est-ce écrit ?

Incipit :

« La vallée de la Salinas est en Californie du Nord. C’est un long sillon à fond plat entre deux chaînes de montagnes. La rivière y déroule ses méandres jusqu’à la baie de Monterey. »

Citation :

« Notre espèce est la seule créatrice et elle ne dispose que d’une seule faculté créatrice : l’esprit individuel de l’homme. Deux hommes n’ont jamais rien créé. Il n’existe pas de collaboration efficace en musique, en poésie, en mathématiques, en philosophie. C’est seulement après qu’a eu lieu le miracle de la création que le groupe peut l’exploiter. Le groupe n’invente jamais rien. Le bien le plus précieux est le cerveau isolé de l’homme. »

Mon avis en résumé

Ce que j’ai aimé :

  • Un roman captivant
  • Des réflexions qui restent valides un siècle plus tard
  • Des personnages inoubliables (même et peut-être surtout Cathy)

Mes notes

Univers narratif5,0/5
Personnages4,5/5
Intrigue5,0/5
Écriture5,0/5
Moyenne4,9/5
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Info-livre : À l’est d’Eden par John Steinbeck

Couverture du livre de John Steinbeck, À l’est d’Eden

Editeur : LGF/Livre de Poche
ISBN : 9782253005971
Pages : 632
Date de parution : 21/07/1999
(initialement paru en 1952)

Catherine Perrin (cath_lit_et_chronique)
Catherine Perrin (cath_lit_et_chronique)

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Rédactrice NetGalley

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