Le liseur — Bernhard Schlink

Le liseur, c’est une histoire d’amour, mais c’est surtout l’histoire de la génération d’Allemands née pendant ou après la Deuxième Guerre mondiale et qui doit se confronter à la génération précédente, celle de leurs parents, qui a commis ou laissé commettre les pires des crimes.

En arrière plan, un mirador entouré de grillage, au premier plan, la couverture du livre de Bernhard Schlink, Le liseur
Une histoire d’amour, mais pas seulement…

Que se passe-t-il ?

Michaël Berg a quinze ans quand il devient l’amant d’Hannah, une femme de trente-cinq ans. Grâce à cette liaison, il grandit plus vite que ses camarades, mais un jour, elle disparaît.

Des années plus tard, alors qu’il étudie le droit, il assiste à un procès où il retrouve Hannah au banc des accusés. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle a été gardienne dans un camp de concentration.

L’histoire d’amour est fascinante puisqu’elle perdure malgré ce que Michaël apprend des actes d’Hannah. Michaël, le liseur, alterne entre plusieurs interprétations, même s’il est suffisamment intelligent pour comprendre que la plus favorable des interprétations n’excuse rien. J’ai surtout été frappée par les interrogations du narrateur. Il fait partie de la génération qui a grandi après la guerre, de cette génération née de parents qui avaient soit participé aux atrocités soit les avaient ignorées.

La question qui m’a la plus marquée est néanmoins celle posée par Hannah elle-même au juge : « qu’aurais-je dû faire ? ». La non-réponse du juge est encore plus fascinante, comme si le juge aurait pu se trouver à la place d’Hannah, incapables tous les deux de comprendre ce qui s’était joué dans leur pays.

Le dénouement du livre m’a pourtant déçue, j’ai eu l’impression que l’auteur cherchait à échapper à la difficulté, à mettre un point final, là où il n’y aurait pas dû y en avoir, du moins pas tout de suite.

Où et quand ?

En Allemagne dans les années 1960.

Qui sont les personnages ?

Michaël Berg
Le lecteur ne saura pas grand-chose de sa vie de famille. À partir du moment où il rencontre Hannah, sa vie entière tourne autour de sa relation avec elle. Malgré les efforts de Michaël, la disparition de la jeune femme n’y changera rien.

Hannah Schmidt
Elle reste un mystère jusqu’à la fin du livre. J’ai été surprise en lisant : « Jamais nous ne fûmes plus heureux que ces semaines d’avril », alors que le narrateur, comme le lecteur, connaît si peu de choses d’Hannah, si ce n’est qu’elle aime que Michaël lui fasse la lecture.

Le secret découvert par Michaël éclaire sa personnalité, mais n’explique rien. Hannah reste le symbole du mal extraordinaire causé par des gens ordinaires.

Comment est-ce écrit ?

Incipit :

« À quinze ans, j’ai eu la jaunisse. La maladie débuta en automne et se termina au printemps. Plus l’année finissante devenait froide et sombre, plus j’étais faible. C’est seulement avec l’année nouvelle que je remontai la pente. »

Citation :

« Les procureurs s’efforçaient d’être dans le même ton et de montrer jour après jour la même pugnacité. Mais ils n’y arrivaient pas, d’abord parce qu’ils étaient trop atterrés par les faits jugés et les révélations des débats, et ensuite parce que l’anesthésie commençait à agir. C’est sur les juges et les jurés qu’elle agissait le plus. »

Mon avis en résumé

Ce que vous aimerez :

  • La peinture de l’Allemagne après la Seconde Guerre mondiale
  • Les questions posées par le narrateur
  • Le mystère que représente Hannah

Mes notes

Univers narratif5,0/5
Personnages5,0/5
Intrigue4,0/5
Écriture 4,0/5
Moyenne4,5/5

Le détail en plus

Bernhard Schlink est né en 1944, il fait partie de cette génération qui s’est interrogée sur le rôle de leurs parents pendant la Guerre. C’est sans doute pour cela que le lecteur entend si bien cette voix de la génération d’après-guerre.

Couverture du livre de Bernhard Schlink, Le liseur

Editeur : Folio
ISBN : 978-2-07-079393-8
Pages : 256
Date de parution : 03/09/2017

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Catherine Perrin (cath_lit_et_chronique)
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