Les silences de Dunkelblum — Eva Menasse

Les silences de Dunkelblum, d’Eva Menasse, vous plonge dans un village autrichien en 1989 où les secrets du passé nazi sont enfouis. Eva Menasse tisse une toile complexe de secrets et de révélations, bien que la narration fragmentée rende la lecture exigeante.

A l'arrière-plan, la carte de l'Autriche et au premier plan, la couverture du livre d'Eva Menasse, Les silences de Dunkelblum
Quelque part à l’est de l’Autriche

Service Presse

Que se passe-t-il ?

Un homme prend le bus pour Dunkelblum, en espérant que personne ne le reconnaitra. Pour s’occuper, il parcourt le journal. Il apprend qu’une grange a brûlé dans une commune voisine. Pas de chance, les pompiers faisaient la fête. Il lit aussi qu’un voyageur a porté plainte pour un salut nazi dans un camp de vacances. Le juge lui a donné raison. Quand l’inconnu lit le nom du plaignant, il cesse de sourire.

Presque en même temps, Lowetz revient à Dunkelblum. Sa mère, qui venait du pays d’en face, est morte il y a quelques semaines.

Des restes humains datant d’une quarantaine d’années sont découverts. Le village est en émoi.

Les silences de Dunkelblum est fascinant, malgré la narration qui rend la lecture exigeante. L’autrice alterne entre le passé proche, le passé nazi, plus lointain, et le présent des personnages. J’ai été gênée par le fait que beaucoup d’histoires n’aboutissent pas. La génération suivante vit dans le présent et ne s’intéresse pas plus que ça au passé.

Il arrive que le lecteur en sache plus que certains personnages ; c’est à la fois poignant et glaçant. Et c’est parfois logique, oui, il y a des chances que dans la vie, les choses se soient passées de cette façon. Mais l’envie que la tension finisse par exploser est là. Elle n’est jamais satisfaite. C’est volontaire, en témoigne la dernière phrase du roman : « Ce n’est pas la fin de l’histoire ».

Quels sont les thèmes ?

  • Un village autrichien face au nazisme, pendant la Deuxième Guerre mondiale
  • Des habitants, qui quarante ans plus tard, n’ont été confrontés ni à leurs actes ni à leur passivité

Où et quand ?

Le récit se déroule en Autriche, dans un village imaginaire durant l’été 1989, quelques semaines avant la chute du Mur de Berlin, près de la frontière du pays d’en face. Le lecteur attendra longtemps avant de savoir quel est ce pays. Même si j’ai lu L’ordre du jour d’Éric Vuillard qui raconte l’Anschluss, ma méconnaissance de l’histoire de l’Autriche au XXe siècle m’a certainement desservie.

Qui sont les personnages ?

Ils sont nombreux et contribuent à la difficulté de lecture. Une liste est établie en début de livre, mais impossible de se souvenir de tout le monde. Des personnages m’ont plus marquée que d’autres.

Lowetz et sa mère Eszter
Je n’ai pas compris ce qui les avait éloignés l’un de l’autre. À moins que ce soit Dunkelblum qui ait chassé Lowetz.

Alexander Gellért
Trop peu de choses sur la vie qu’il a mené avant d’arriver dans le village.

Antal Grün
Avec sa mère, ils sont les seuls juifs à être revenus après la guerre. Un personnage et une situation pas assez exploitée à mon goût.

Et puis il y a tous ceux qui ont oublié que devenir nazi a été une opportunité.

Comment est-ce écrit ?

Incipit :

« À Dunkelblum, fleur obscure qui porte bien son nom, les murs ont des oreilles, les fleurs dans les jardins ont des yeux, elles tournent leurs petites têtes de tout côté pour que rien ne leur échappe, et l’herbe, de ses vibrisses, enregistre le moindre pas. Quant aux humains, ils ont toujours du flair. Dans le village, les rideaux bougent, comme poussés par une légère brise, inspirer, expirer, c’est vital. »

Citation :

« Parfois, il suffit d’une minuscule décision individuelle : Que serait-il arrivé si huit ou neuf ans auparavant le chancelier fédéral Schuschnigg, homme faible et indécis, avait tout de même donné l’ordre d’opposer aux frontières de l’Autriche une résistance armée ? »

Mon avis en résumé

Ce que j’ai aimé :

  • Le thème d’un village autrichien qui ne s’est pas confronté à son passé nazi de la Deuxième Guerre mondiale
  • La narration glaçante.

Ce que j’ai regretté (mais peut-être pas vous) :

  • Une narration fractionnée
  • Des histoires qui n’aboutissent pas

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Mes notes

Univers narratif4,5/5
Personnages4,5/5
Intrigue4,0/5
Écriture4,0/5
Moyenne4,3/5
Plus de détails sur le système de notation

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Info-livre : Les silences de Dunkelblum par Eva Menasse

Couverture du livre d'Eva Menasse, Les silences de Dunkelblum

Editeur : Stock
ISBN : 978-2-234-09294-5
Pages : 616
Date de parution : 06/03/2024

Catherine Perrin (cath_lit_et_chronique)
Catherine Perrin (cath_lit_et_chronique)

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