Marie Stuart — Stefan Zweig

Si Elizabeth Ire n’avait pas fait décapiter Marie Stuart, connaîtrions-nous seulement son nom ? Aurions-nous appris que, reine d’Écosse, puis reine de France, veuve à dix-huit ans elle retourne en Écosse et, séquestrée pendant plus de vingt ans par Elizabeth, reine d’Angleterre, celle-ci la fait exécuter ?

Elizabeth Ire, John Knox, Marie Stuart à treize ans et la couverture du livre de Stefan Zweig, Marie Stuart
Elizabeth Ire, John Knox et Marie Stuart à treize ans

Petit rappel sur le contexte historique

Tout commença à la mort de Marie Tudor.
Henry VIII le roi d’Angleterre a eu six femmes. Il a créé l’Église anglicane quand il s’est séparé de Catherine d’Aragon pour épouser Anne Boleyn qu’il fera décapiter quelques années plus tard. Ont suivi quatre autres épouses.
Le pape n’ayant pas accepté le divorce d’Henry VIII et de Catherine d’Aragon, les catholiques considèrent leur fille Marie Tudor comme la dernière héritière du trône d’Angleterre. Après la mort de Marie, l’héritière légitime, toujours selon eux, n’était autre que Marie Stuart, petite-fille de Marguerite Tudor, sœur aînée d’Henry VIII. Mais c’est Elizabeth, fille d’Anne Boleyn, qui monte sur le trône.
Forcément, quand Marie Stuart est proclamée reine d’Angleterre, en France, Elizabeth est agacée.

Des intrigues à foison

Éduquée à la Cour de France, Marie Stuart en connaissait le raffinement. Même si en France aussi, le meurtre n’était qu’une façon commode de résoudre un conflit, ce n’était rien à côté de la cour d’Écosse que Stefan Zweig présente comme un ramassis de brutes. Pour rendre les choses encore plus difficiles pour la jeune reine catholique, ses conseillers sont majoritairement protestants, à commencer par son demi-frère Jacques Stuart. Et on le sait depuis longtemps famille — surtout royale — ne rime pas forcément avec loyauté.
Très vite, Marie n’écoute personne et malgré les appels à la prudence, elle épouse un catholique (et un abruti fini), son cousin germain Henry Darnley.
Celui-ci, jaloux du secrétaire particulier de sa femme, le fait assassiner. Il sera à son tour assassiné.

Marie Stuart a-t-elle été complice du meurtre de son deuxième mari ?

C’est l’hypothèse défendue par Stefan Zweig bien que les documents qui accusent Marie aient disparu. Des copies incomplètes sont parvenues jusqu’à nous. Il note qu’aucune voix de l’époque ne s’est élevée pour mettre en cause l’authenticité de ces lettres.
Toujours est-il que Marie Stuart épouse le présumé coupable du meurtre, le comte de Bothwell, ce qui précipite sa chute.

Elle ne pourra être sauvée par ses nombreux prétendants

La reine d’Écosse continue à avoir de nombreux partisans et nombreux sont les prétendants qui rêvent de devenir roi d’Écosse. L’un d’eux, Anthony Babington, fomente un complot contre Elizabeth qu’il prévoit d’assassiner. C’en est fini de Marie, considérée comme l’instigatrice.

De nombreux mystères entourent toujours Marie Stuart

Son rôle dans le meurtre de son époux, pour commencer. Ensuite, on ignore si elle accoucha d’un fils ou de jumeaux (mort-né) après la fuite de Bothwell. Peut-être est-ce à cause de ces mystères que cette biographie m’a paru moins convaincante que celle de Marie-Antoinette. À moins que ce ne soit à cause du portrait dressé par Stefan Zweig.

Une approche psychologique avant tout

Stefan Zweig privilégie une approche psychologique qui a peiné à me convaincre.

« Rien n’a rendu la destinée de cette Stuart plus tragique que l’empressement trompeur avec lequel la fortune a remis le pouvoir entre ses mains. Tout lui tombe d’une invisible corne d’abondance en apparence inépuisable ; elle ne doit rien à sa propre volonté, à son énergie, à ses efforts ni à son mérite, tout n’est qu’héritage, faveurs ou présents : comme s’il s’agissait d’un rêve, où tout s’enfuit dans un envol coloré, elle se voit mariée, couronnée et avant que ses sens éveillés aient pu jouir de ce printemps précoce il est déjà fané, défleuri, passé : elle se réveille déçue, désemparée, dépouillée. »

« Or, il n’est pas dans la vie d’une femme, de plus profonde humiliation que de s’être donnée inconsidérément à un homme qui n’était pas digne de son amour : jamais une vraie femme ne se pardonnera pareille faute, jamais elle ne pardonnera à l’homme indigne. »

Stefan Zweig ne prend en compte qu’une psychologie purement féminine, avec beaucoup de clichés comme celui que vous venez de lire.

Mon avis en résumé

Ce que vous aimerez :

  • En apprendre plus sur Marie Stuart

Ce que vous regretterez (ou pas) :

  • Davantage une approche psychologique qu’une biographie

Ma note

Note globale : 3/5

Recommandations

Du même auteur, je vous recommande la biographie de Marie-Antoinette.

Info-livre : Marie Stuart par Stefan Zweig

Couverture du livre de Stefan Zweig, Marie Stuart

Editeur : LGF/Livre de Poche
ISBN : 2-253-15079-7
Pages : 411
Date de parution : 05/06/2001 (Première publication en France : 1935)

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Catherine Perrin
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