L’étranger — Albert Camus

En arrière-plan, deux personnes poussent une troisième. Au premier plan, la couverture du livre d'Albert Camus, L'étranger.
Il frôle pourtant le bonheur

Oubliez votre scolarité (si comme moi, L’étranger d’Albert Camus, prix Nobel de littérature 1957 a été une lecture obligatoire) et relisez-le lentement, au calme. L’intrigue est sans intérêt, mais ce que l’on perçoit du personnage va plus loin que de simples personnages de roman.

Cette œuvre fait partie de ma liste de livres à lire absolument.

Au sommaire

Que se passe-t-il ?

Meursault, dont on ne connaît pas le prénom, se rend à l’enterrement de sa mère. Épuisé et souffrant de la chaleur, son comportement indifférent pendant la cérémonie lui coûtera cher.

Pour Meursault, rien n’a de sens

L’incipit de L’étranger est l’un des plus connus de la littérature ; et pour cause, il vous plonge immédiatement dans une atmosphère étrange :

« Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. »

Si la philosophie existentialiste postule que la vie n’a aucun sens, aucun but intrinsèque, elle suppose par conséquent que c’est à chaque individu, par ses décisions et ses actes de déterminer le sens de sa vie. Meursault reste indifférent à ce qui l’entoure et accepte volontiers de venir en aide à un homme qui a frappé sa maîtresse ou de se marier avec Marie, une ravissante jeune fille. Chaque fois, il précise que tout ça lui est indifférent, mais il approuve, sans pour autant donner un sens à ses actes. Tout est absurde.

Il frôle pourtant le bonheur

Invité par un ami à passer une journée dans un cabanon, au bord de la plage, il réalise pour la première fois qu’il va se marier et affirme, une fois l’irréparable accompli :

« J’ai compris que j’avais détruit l’équilibre du jour, le silence exceptionnel d’une plage où j’avais été heureux. »

Unique moment du livre où le narrateur prend conscience de quelque chose.

En 2023, je vois aussi un livre sur la différence

Indifférent, étranger à ce qui se passe autour de lui, Meursault ne témoigne ni empathie ni compréhension des émotions. Sa conversation avec un vieil homme antipathique qui vient de perdre son chien qu’il battait montre qu’il n’est capable ni de désavouer quelqu’un ni de lui manifester la moindre sympathie.

En retour, le procès de Meursault prouve à quel point il est rejeté pour son manque d’acceptation des normes sociales.

Le détail en plus

Albert Camus a toujours refusé de faire partie du mouvement existentialiste, mouvement qui a perdu de son intérêt aujourd’hui à moins qu’il ne se soit fondu dans notre façon de voir les choses. Si Meursault ne trouve aucun sens à sa vie (en tout cas, aucune curiosité), il n’est à aucun moment conscient de sa responsabilité individuelle. La chaleur et le soleil sont plus responsables de ses actes que lui-même.

Mon avis en résumé

L’étranger est un livre d’une apparente simplicité, ce qui m’avait déroutée lors de ma première lecture (il y a longtemps). Impossible à l’époque de m’intéresser réellement à Meursault, trop « étranger ». C’est ce qui me fait plutôt voir aujourd’hui un livre sur la différence. Mon état d’esprit a changé.

Ma note

5,0/5

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Info-livre : L’étranger par Albert Camus

Couverture du livre d'Albert Camus, L'étranger

Editeur : Folio
ISBN : 2-07-036002-4
Pages : 186
Date de parution : 07/01/1972
(Initialement paru en 1942)

Catherine Perrin (cath_lit_et_chronique)
Catherine Perrin (cath_lit_et_chronique)

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