Quo Vadis ? — Henryk Sienkiewicz

J’avais lu Quo Vadis, il y a longtemps et j’avais beaucoup aimé. Des décennies après (eh oui !), force est de constater que l’enthousiasme est retombé. Bien sûr, l’histoire d’amour sur fond de persécutions chrétiennes au temps de Néron est toujours là, mais l’écriture paraît aujourd’hui datée.

Le Colisée en arrière plan et la couverture du livre de Henryk Sienkiewicz, Quo Vadis ?
Une histoire en pleine Rome antique

L’intrigue

Alors que Vinicius est blessé, il est recueilli dans la famille d’Aulus. Il tombe amoureux de la fille adoptive de celui-ci, Lygie, fille de roi et otage. Pétrone, choqué à l’idée que son neveu épouse une non-Romaine, convainc Néron de l’enlever à sa famille pour en faire cadeau à Vinicius. Conduite dans le palais de Néron, Lygie doit assister à une soirée donnée par l’empereur.

Et c’est le début des problèmes.

Quo Vadis ? c’est le régime de Néron comme on l’imagine et certaines scènes (persécutions de chrétiens) sont difficiles à lire.

L’univers narratif

Rome au temps de Néron. À cette époque, la ville qui comptait 800 000 habitants était surtout construite en bois, ce qui explique le désastre que fut l’incendie, des milliers de morts et 200 000 sans-abris. L’auteur décrit un incroyable luxe chez les gens riches, comme chez l’empereur, bien sûr.

Les personnages

Les personnages masculins agissent, les personnages féminins sont très passifs, subissent beaucoup, que ce soit l’héroïne ou la douce Eunice, l’esclave de Pétrone. La vision des femmes est certainement plus proche de celle du XIXe siècle que de celle de la Rome antique.

#Vinicius
Il est sincèrement amoureux de Lygie, mais son éducation, sa position au sein de Rome en ont fait un homme arrogant et dur avec les autres :

« Et, plus s’exaspérait son amour pour Lygie, plus s’ancrait en lui l’obstination du joueur qui veut gagner malgré tout. Tel il avait toujours été. Dès sa prime jeunesse, il avait poursuivi ses projets avec la passion de quelqu’un qui n’admet ni l’échec ni le renoncement à ce qu’il veut. La vie militaire avait, il est vrai, discipliné son tempérament volontaire, mais, en même temps, elle lui avait inculqué la conviction que chaque ordre donné par lui à ses inférieurs devait être exécuté ; d’autre part, son long séjour en Orient, parmi des hommes veules et accoutumés à l’obéissance passive des esclaves, l’avait confirmé dans cette idée que son “je veux” était sans limites. »

#Lygie
Jolie, douce, chrétienne, elle est un rêve. Son personnage est toutefois un peu daté, nous sommes habitués à plus de volonté de la part des femmes.

#Pétrone
Auteur du Satyricon, arbitre de l’élégance, il est l’un des favoris de Néron qu’il manipule, mais manipuler un monstre peut avoir ses revers. L’oncle de Vinicius est cynique, guidé uniquement par son sens de l’esthétisme. Il n’aime qu’une personne : son neveu qu’il essaiera d’aider (pas toujours à bon escient) jusqu’à la fin.

#Néron
Il est admis qu’il fut un matricide, mais il est moins certain qu’il a brûlé ou donné l’ordre de brûler Rome. L’empereur décrit dans le livre est le pire des cinglés, à se demander pourquoi son entourage ne s’empressait pas de le fuir.

Le style

Un style un peu daté, beaucoup de descriptions plus ou moins agréables à lire.

Incipit :

« Pétrone se réveilla seulement vers midi, et très las, comme de coutume. La veille, il avait été convive de Néron, et le festin s’était prolongé fort avant dans la nuit. Depuis quelque temps, sa santé commençait à s’altérer. Il avouait se réveiller le matin tout engourdi et incapable de rassembler ses idées. Mais le bain matinal et un soigneux massage opéré par d’habiles esclaves stimulaient la circulation de son sang paresseux, achevaient de le réveiller, lui rendaient ses forces, si bien que de l’oleotechium, c’est-à-dire du dernier compartiment de la salle de bains, il sortait comme rajeuni, les yeux pétillants d’esprit et de gaieté, élégant, et tellement supérieur qu’Othon (1) lui-même n’eût pu rivaliser avec lui. C’était bien là celui qu’on appelait l’arbiter elegantiarum. »

(1) Favori de l’empereur et premier mari de Poppée. Elle a ensuite épousé Néron.

Citation :

« Pétrone le regarda avec une certaine compassion. En effet, Vinicius avait les yeux battus et ses prunelles brillaient de fièvre ; une barbe de la veille ombrait d’une bande bleuâtre son menton saillant ; ses cheveux étaient en désordre ; réellement il avait mauvaise mine. Iras et Eunice, elles aussi, l’observaient d’un regard apitoyé. Mais, ainsi que Pétrone, Vinicius faisait moins attention à elles qu’à des petits chiens qui se fussent ébattus autour de lui. »

Mon avis en résumé

Ce que vous aimerez :

  • Une histoire en pleine Rome antique
  • L’histoire d’amour

Ce que vous regretterez (ou pas) :

  • Une vision très XIXe des histoires d’amour

Mes notes

Univers narratif5,0/5
Personnages3,0/5
Intrigue4,5/5
Style3,0/5
Moyenne3,9/5

Info-livre : Quo Vadis ? par Henryk Sienkiewicz

couverture du livre de Henryk Sienkiewicz, Quo Vadis ?

Editeur : LGF/Livre de Poche
ISBN : 2-253-16077-6
Pages : 699
Date de parution : 22/05/2001
(Paru en Pologne en 1896 et en France pour la première fois en 1900)

Partagez cet article
Image par défaut
Catherine Perrin

J'adore discuter de mes lectures. N'hésitez pas à me laisser des commentaires ou à me rejoindre sur les réseaux sociaux.

Publications: 339

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.