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Meilleurs livres du XXe siècle

Aimez-vous parcourir des listes de meilleurs livres ? Moi, oui, et je note ceux qui m’intéresse sur ma WishList, sans trop d’illusions, parce que ma Pile à Lire contient environ 10 mois de lecture, et qu’il s’en rajoute toujours. Mais petit à petit, j’en lis et j’en chronique.
Concernant la sélection, impossible de choisir toute seule. Je me suis appuyée sur la liste des cent meilleurs livres du siècle, établie en 1999 par Le Monde et la FNAC à partir d’une consultation de 17 000 lecteurs français.
Sommaire
Comment j’ai construit cette sélection
J’ai utilisé le même critère que la liste : il fallait que le livre soit resté dans ma mémoire (j’en ai écarté trois parce que je les ai lus, mais que je ne m’en souvenais plus). Et puis j’ai ajouté un critère que l’on pourrait appeler « l’effet wahou ». Le livre qui change votre vision du monde ou vous émerveille.
Reste ensuite la question à laquelle je ne peux pas répondre : passeront-ils le temps ?
Ma sélection, décennie par décennie
1970-1979
L’Archipel du goulag d’Alexandre Soljenitsyne

Genre : Essai/Témoignage historique
Publication : 1973 aux éditions YMCA-Press.
L’Archipel du goulag documente le système carcéral et de travail forcé mis en place en Union soviétique. Soljenitsyne l’a publié trois ans après avoir reçu le prix Nobel de littérature. Aujourd’hui, le livre peut se lire comme la dénonciation universelle de tout système de travail forcé qui conduit ses victimes à la mort.
1960-1969
Belle du Seigneur d’Albert Cohen

Genre : Fresque sociale
Publication : 1968 par Gallimard
Lu, relu et rerelu, c’est dire. Belle du Seigneur est une histoire d’amour tragique portée par des scènes magistrales et une écriture tout en monologue intérieur. Mais le style d’Albert Cohen peut paraître étouffant, et je l’ai moi-même commencé par le deuxième chapitre. Mon conseil : ouvrez-le n’importe où, laissez-vous accrocher par une scène, et vous ne le lâcherez plus.
Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez

Genre : Réalisme magique
Publication : 1967 par les éditions du Seuil
Mon premier contact avec le réalisme magique et une révélation. Cent ans de solitude suit une famille sur sept générations, dans un monde où le merveilleux s’invite dans le quotidien avec la même évidence que la pluie. Je suis ressortie de ce livre éblouie.
Le Maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov

Genre : Roman fantastique/Satire politique
Publication : 1967 (posthume) par Gallimard
Le diable débarque à Moscou, dans un pays où personne ne croit en lui et c’est là tout le sel du roman. La cocasserie se mêle au drame, les allusions burlesques au régime stalinien foisonnent, et les deux acolytes du diable sont aussi sinistres que facétieux. Staline l’a-t-il lu ?
1950-1959
Chroniques martiennes de Ray Bradbury

Genre : Science-fiction/Recueil de nouvelles
Publication : 1954 par Denoël
Chroniques martiennes raconte la colonisation de Mars par les Terriens à travers une série de nouvelles qui forment un ensemble cohérent. C’est poétique, poignant et cruel à la fois. Bradbury parle de Mars, mais c’est de nous qu’il s’agit.
La cantatrice chauve d’Eugène Ionesco

Genre : Théâtre/Absurde
Publication : 1952 par Gallimard
La Cantatrice chauve repose sur une absurdité totale et jubilatoire, chaque réplique se savoure. Mme Martin : « Ce matin, quand tu t’es regardé dans la glace tu ne t’es pas vu. » M. Martin : « C’est parce que je n’étais pas encore là. » Ionesco a fait du non-sens un art, et c’est irrésistible.
Le Seigneur des Anneaux de J. R. R. Tolkien

Genre : Roman/Fantasy épique
Publication : 1954, par Christian Bourgois
Inspiré de plusieurs cultures mythologiques, Le Seigneur des Anneaux suit la quête de Frodon Saquet : détruire un anneau magique avant qu’il ne retombe entre les mains de son créateur. Une interminable marche peuplée d’êtres légendaires, construite sur une mythologie d’une cohérence rare. Oui, c’est long, mais je ne l’ai pas regretté.
Lolita de Vladimir Nabokov

Genre : Roman/Monologue narratif
Publication : 1955 par Olympia Press
Lolita laisse une sensation de malaise persistante, et comment pourrait-il en être autrement ? C’est la justification par lui-même d’un pédocriminel. Nabokov abandonne au lecteur le soin de décider ce qui est acceptable, mais une chose est claire : Humbert Humbert n’est pas un amoureux, c’est un criminel. Un avertissement de contenu s’impose avant d’ouvrir ce livre.
1940-1949
L’écume des jours de Boris Vian

Genre : Roman poétique/Fantaisie littéraire
Publication : 1947 par Gallimard
L’Écume des jours est un livre inclassable. Il faut accepter l’univers de Boris Vian, où on risque sa vie en patinant, où les façades changent de couleur selon les saisons et où Jean-Sol Partre a écrit Le Vomi. Il y a pourtant tout : une histoire d’amour tragique, l’amitié sincère ou intéressée, le jazz omniprésent. Chaque ligne se savoure. Difficile de ne pas trouver un thème qui touche.
Le journal d’Anne Frank

Genre : Journal intime/Témoignage
Publication : 1947, par Calmann-Lévy
Anne Frank a tenu son journal intime du 12 juin 1942, anniversaire de ses 13 ans au 1er août 1944, date de son arrestation par les nazis. Elle est morte du typhus au camp de concentration de Bergen-Belsen, en mars 1945.
Son journal n’est pas seulement un témoignage fort et émouvant, il est aussi l’œuvre d’une véritable écrivaine.
Paroles de Jacques Prévert

Genre : Poésie
Publication : 1946, par Gallimard
Les images fortes associées aux thèmes puissants des poèmes m’ont marquée au point que je m’en souviens encore des années après leur lecture. Pater noster, Chasse à l’enfant, Pour faire le portrait d’un oiseau, Barbara : Prévert touche juste à chaque fois, avec une simplicité apparente qui cache une vraie maîtrise.
Aurélien de Louis Aragon

Genre : Roman/Littérature française
Publication : 1944 par Gallimard
Aurélien, c’est un des incipits les plus saisissants de la langue française : « La première fois qu’Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide. » C’est aussi une histoire d’amour vouée à l’échec dans le Paris de l’entre-deux-guerres. Aragon n’épargne personne, surtout pas ses personnages.
Le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry

Genre : Conte/Littérature jeunesse et adulte
Publication : 1943 par Gallimard
Le Petit Prince m’a accompagnée longtemps et m’accompagne encore. Aujourd’hui, je peux toujours citer des phrases entières, et il arrive que mon petit-fils les corrige. Un livre transgénérationnel, ce n’est pas si courant et ça ne s’invente pas.
L’étranger d’Albert Camus

Genre : Roman/Littérature de l’absurde
Publication : 1942 par Gallimard
Un livre très étrange. Le narrateur est indifférent à sa propre vie comme à sa propre mort. Un roman qui viserait à donner le sentiment de l’absurde, selon Jean-Paul Sartre. Je crois surtout que les échos de l’œuvre dépendent du lecteur.
Le Désert des Tartares de Dino Buzzati

Genre : Roman/Littérature italienne
Publication : 1940 par Laffont
Un désert, aux frontières d’une nation imaginaire, un fort, et une attaque attendue qui n’arrive pas. Le lieutenant Drogo vient d’y être nommé. Tous ses camarades ne rêvent que d’une chose : quitter l’endroit. Mais Drogo, lui, reste. Le temps passe et les illusions résistent. J’ai davantage vu l’absurdité de la vie que dans le livre de Camus, L’étranger.
Le Silence de la mer de Vercors

Genre : Nouvelle/Littérature de la Résistance
Publication : 1942 par Les Éditions de Minuit
Dans cette nouvelle, un officier allemand a réquisitionné le logement d’un homme âgé et de sa nièce. L’officier a beau multiplier les discours sur le rapprochement des peuples et la fraternité, ses hôtes restent muets. Vercors a fait du silence une arme. Implacable.
1930-1939
Les raisins de la colère de John Steinbeck

Genre : Roman/Littérature sociale
Publication : 1939 par Gallimard
À travers le destin de la famille Joad, Steinbeck raconte les conséquences de la crise de 1929. L’organisation de la pauvreté en Californie, la solidarité des démunis, l’avidité et la peur des riches, la déshumanisation progressive de l’agriculture, tout y est.
Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell

Genre : Roman/Fresque historique
Publication : 1936 par Gallimard
Sur fond de Guerre de Sécession, dans un Sud esclavagiste idéalisé, Margaret Mitchell raconte l’histoire d’amour entre une vraie-fausse peste, Scarlett O’Hara et un homme qui n’a rien d’un gentleman, Rhett Butler. Alors oui, ce livre pose problème, mais vous êtes assez grand pour faire la part des choses, non ?
1920-1929
Une chambre à soi de Virginia Woolf

Genre : Essai/Littérature féministe
Publication : 1929 par Denoël
Virginia Woolf retrace le parcours d’écrivaines dont les œuvres nous sont parvenues, Lady Winchelsea, Aphra Behn. Elles ont été moquées, freinées, mais ont gagné de l’argent. Elles ont ainsi ouvert la voie à Jane Austen et Emily Brontë. Un essai fondateur sur la condition des femmes qui écrivent aussi actuel qu’en 1929.
La confusion des sentiments de Stefan Zweig

Genre : Nouvelle/Littérature autrichienne
Publication : 1927 par les éditions Stock
Le narrateur raconte sa fascination pour l’un de ses professeurs. Pourquoi tous ces mystères ? Pourquoi disparaissait-il des journées entières ? Pourquoi était-il tantôt sec, tantôt affectueux ? Zweig installe une tension sourde et ne lâche pas le lecteur — jusqu’à une révélation que l’époque condamnait au silence.
Le meurtre de Roger Acroyd d’Agatha Christie

Genre : Roman policier
Publication : 1926 par les éditions Masque
Agatha Christie a-t-elle triché ? Elle a en tout cas été accusée de trahir les principes du roman policier de l’époque. Sans rien révéler, je dirais que ce livre a changé les règles du genre et que le succès est tout à fait mérité.
Le procès de Franz Kafka

Genre : Roman/Littérature de l’absurde
Publication : 1925 par Gallimard
Joseph K est arrêté et passe en jugement sans qu’on lui dise jamais de quoi il est accusé. Quand il proclame son innocence, on lui répond : « Innocent de quoi ? » Les romans de Franz Kafka ont donné naissance à un mot — kafkaïen — et celui-ci explique pourquoi.
Six Personnages en quête d’auteur de Luigi Pirandello

Genre : Théâtre/Modernisme
Publication : 1921 par Gallimard
Six personnages débarquent dans un théâtre, cherchant un auteur pour écrire leur pièce. Le directeur accepte, les acteurs commencent à jouer, mais les personnages sont mécontents. Ce n’est que du théâtre, après tout. Où est la réalité, où est la fiction ? Pirandello pose la question en 1921 et elle n’a pas fini de résonner.
1910-1919
À la recherche du temps perdu de Marcel Proust

Genre : Roman/Modernisme
Publication : 1913-1927 par Gallimard
2400 pages, et je ne l’ai toujours pas terminé ! Les phrases longues de Proust peuvent rebuter, et le narrateur agace parfois. Mais son travail sur la mémoire est fascinant, et il suffit de s’y laisser porter pour comprendre pourquoi cette œuvre est là.
1900-1909
Martin Eden de Jack London

Genre : Roman/Littérature américaine
Publication : 1909 par Phébus
Fasciné par une jeune femme d’un milieu qui n’est pas le sien, Martin Eden reprend ses études et se met à écrire. Il atteindra le rêve américain. Il découvrira que ce n’était pas ce qu’il cherchait. Jack London a écrit son roman le plus personnel, et le plus amer.
J’ai écarté le roman, mais pas l’auteur
En effet, ma préférence va à un autre livre de François Mauriac :
- Thérèse Desqueyroux de François Mauriac que je remplacerais volontiers par Le nœud de vipères.
Je les ai écartés parce que…
Ils ne sont pas restés dans ma mémoire
Mais lu il y a tellement longtemps…
- Le hussard sur le toit de Jean Giono
- Les Faux-monnayeurs d’André Gide
- 1984 de George Orwell
Le cas Faulkner
Le bruit et la fureur de Faulkner a été davantage une expérience qu’une lecture. Je n’ai pas compris grand-chose à la première partie et les deux autres m’ont ennuyée. Je reviendrai sur l’auteur, mais d’abord en lisant d’autres livres.
Les bandes dessinées
J’en lis peu, même si j’ai lu Le Lotus bleu (Hergé), Astérix le Gaulois ( Goscinny et Uderzo) et Gastob Lagaffe (Frankin).
Pas d’effet Wahou
Ce sont tous de très bons livres, mais certains ne m’ont pas marquée plus que ça, et d’autres ne sont clairement pas faits pour moi. Donnez-leur quand même une chance.
- Le Grand Meaulnes d’Alain-Fournier
- Le Nom de la rose d’Umberto Eco
- Le Meilleur des mondes d’Aldous Huxley
- Bonjour tristesse de Françoise Sagan
- Le Chien des Baskerville d’Arthur Conan Doyle
- Gatsby le Magnifique de Francis Scott Fitzgerald
- Les Vrilles de la vigne de Colette
- Le Merveilleux Voyage de Nils Holgersson à travers la Suède de Selma Lagerlöf
- Les Enfants de minuit de Salman Rushdie
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